Interview réalisée par Cision.
Dans le livre blanc de « l’influence digitale par celles et ceux qui la font », Cision France a souhaité prendre le pouls d’un marché de l’influence complexe et protéiforme en prise directe avec l’actualité politique, économique, sociale et parlementaire. Interview réalisée par Aurélie Siou, Directrice Influence, Communication & Relations Publics de Cision France.
Nous avons souhaité recueillir le témoignage de Caroline Faillet, CEO d’Opinion Act et de Edouard Fillias, CEO de Jin qui ont annoncé leur récente fusion. Un éclairage indispensable sur leur définition de l’influence, d’une stratégie d’influence, des leviers à activer et de leur mission de relever le défi de la confiance dans les mondes réels et virtuels.
Aurélie Siou : Quelle est votre définition de l’influence ? Qu’est-ce qu’une stratégie d’influence ?
Caroline Faillet et Edouard Fillias : L’influence est la capacité à provoquer une évolution de l’opinion ou une action chez autrui. Pour nous, l’influence est indissociable de la notion de confiance, car c’est parce qu’on a confiance dans une voix que l’on sera influencé par elle. Historiquement, l’influence était exercée par la parole publique, la rumeur, puis faisant suite à l’invention de l’imprimerie et l’instruction publique, les médias écrits ont permis d’amplifier fortement le pouvoir d’influence. Mais celui-ci demeurait concentré entre les mains d’une poignée de puissants, qu’ils soient du domaine politique, médiatique, intellectuel, artistique… L’avènement du smartphone et des réseaux sociaux a chamboulé le mécanisme d’influence traditionnel. Aujourd’hui, chacun possède dans sa poche un outil lui permettant potentiellement de concevoir et diffuser son message au monde entier.
On peut en effet s’informer – et se désinformer -, se filmer, monter sa vidéo, puis la diffuser à des milliards de personne sur Facebook, Twitter et TikTok, tout cela gratuitement et à l’aide d’un simple smartphone. Alors que nous passons tous une grande partie de notre quotidien en ligne, le pouvoir d’influer n’a jamais été aussi accessible. Cette révolution apporte son lot de défis pour les entités ayant besoin d’influer pour prospérer, voire subsister. Qu’il s’agisse des gouvernements, institutions, marques… ceux-ci sont en concurrence avec autant d’émetteurs qu’il existe d’utilisateurs publiant du contenu sur les réseaux sociaux. Pire, tous les sondages montrent que ces entités publiques souffrent d’un déficit de confiance auprès du public, par rapport à des voix jugées comme plus proches et plus authentiques, celles des fameux « influenceurs ».



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